BebeCalin.mu

Le quotidien d’une future maman

Les fausses-couches à répétition

23 novembre 2012, par BebeCalin.mu (Anushka Mootia)


Les fausses-couches à répétition concernent environ 1,5 % des femmes. Vécues comme une malédiction, elles font l’objet d’une étude au CHU de Poissy (NDLR France). Quel diagnostic et quel espoir pour ces femmes, souvent jeunes ? Ci-dessous les explications du Dr Robert Wainer, responsable de l’unité AMP (assistance médicale à la procréation) au CHU de Poissy (Yvelines).

Fausses-couches isolées et fausses-couches à répétition

Les fausses-couches isolées affectent environ 20 % des grossesses. Aussi douloureuses soient-elles sur le plan psychologique, elles s’arrêtent spontanément au cours du 1er trimestre de la grossesse et n’empêchent pas à la femme de donner naissance à un bébé par la suite. A ne pas confondre avec les fausses-couches à répétition, qui sont une véritable pathologie.

Définis par au moins trois fausses-couches consécutives (sans grossesse intermédiaire) entre 6 et 12 semaines de grossesse, toujours avec le même partenaire, ces scénarios catastrophes concernent environ 1,5 % des femmes. Ils sont vécus comme une véritable malédiction par ces femmes qui trois, quatre, cinq fois de suite ne parviennent pas à mener à terme leur grossesse.

Pour comprendre les mécanismes en cause, le CHU de Poissy (78) mène depuis 2004 une étude auprès de près de 400 couples, dont les femmes sont âgées de 33 ans en moyenne, 24 ans pour certaines. "Dans 70 % des cas, on a un diagnostic. Toutes les causes ne sont pas encore connues et certains cas restent inexpliqués, mais on progresse", indique le Dr Robert Wainer, responsable de l’unité AMP (assistance médicale à la procréation) du CHU de Poissy (Yvelines). De quoi redonner espoir à ces femmes.

Fausses-couches à répétition : les causes

Parmi les causes de fausses-couches à répétition les plus fréquentes (20 à 25 % des cas) on retrouve des problèmes purement anatomiques comme des malformations utérines congénitales, des pathologies type fibromes intra-cavitaires (à l’intérieur de l’utérus), polypes, endométrites, diagnostiquées grâce à des examens comme l’échographie 3 D ou l’hystéroscopie. "Les curetages à force peuvent entraîner des synéchies (accolement des parois utérines) qui font obstacle à une grossesse. Une intervention chirurgicale peut le plus souvent résoudre ces anomalies pour permettre la nidation de l’embryon ainsi que son bon développement", précise le spécialiste.

Autre cause pointée du doigt : l’insuffisance ovarienne. Selon le Dr Wainer, elle explique 20 à 25 % des cas avant 40 ans. Elle se traduit par un abaissement du taux de l’hormone AMH, causant une altération chromosomique de la qualité ovocytaire. Parfois, la qualité du sperme du partenaire peut être à l’origine de fausses couches à répétition. Il sera alors utile d’effectuer un spermogramme. "On diagnostique parfois des anomalie de l’ADN spermatique", explique le Dr Wainer.

Autre obstacle : l’anomalie génétique : "Il faut aussi vérifier les caryotypes des parents du couple qui vont rechercher les anomalies chromosomiques. Environ 5 % des couples ont une anomalie d’origine génétique qui explique ces fausses-couches", précise le Dr Wainer. Les médecins s’intéressent également aux maladies auto-immunes. Parmi elles, le syndrome des antiphospholipides (qui associe thromboses veineuses, artérielles ou placentaires à la présence d’auto-anticorps anti-phospholipides sériques) serait responsable à 100 % de ces fausses-couches. Une pathologie diagnostiquée par prise de sang, traitée par aspirine et anticoagulants associés.

Un bilan thyroïdien avec dosage de la TSH est également nécessaire pour écarter de possibles hyperthyroïdies et thyroïdies auto-immunes (type Hashimoto). Longtemps suspectées, les maladies thyroïdiennes augmentent en effet le facteur de risque de faire des fausses-couches à répétition, mais "on sait aujourd’hui qu’elles ont une influence mineure", explique le Dr Wainer. Tout comme les dérèglements hormonaux. Diabète non équilibré, obésité et tabagisme sont également des facteurs de risque à prendre en compte.

Fausses-couches à répétition : la FIV comme traitement

L’agence de la Biomédecine a donné son feu vert. Le service médical d’AMP de Poissy est le seul en France à proposer à ces patientes, qui ont vécu au moins 5 fausses-couches, des fécondations in vitro (FIV). "L’opération consiste à choisir les bons ovocytes par biopsie du globule polaire. Le taux de réussite va dépendre du pourcentage d’anomalies ovocytaires chez la femme. Il peut aller de 60 à 100 %, explique le Dr Robert Wainer. Au stade de 3 fausses-couches, si rien n’a été trouvé, nous encourageons les femmes à continuer".

Des épisodes souvent banalisés et pris en charge tardivement Les médecins ont tendance à ne s’alerter qu’à partir de la 3ème fausse-couche, surtout si la femme est jeune. "C’est une pathologie difficile pour les patientes. Elles ont l’impression d’avoir une malédiction sur le dessus de la tête et qu’elles vont refaire systématiquement une fausse-couche. Les médecins et les urgences qui voient arriver de nombreuses fausses-couches ont tendance à banaliser l’événement, le considéré comme un accident, et que la patiente pourra réessayer de faire un bébé. À Poissy, nous avons une équipe de psychologues qui suit ces femmes en souffrance", confie le Dr Wainer. Il est en effet essentiel de ne pas rester isolée, de pouvoir parler librement de son ressenti, de cette souffrance vécue dans son corps avec des spécialistes mais aussi son partenaire, et de faire tous les examens nécessaires, au sein d’une prise en charge médicale, pour établir le plus tôt possible un diagnostic.

Source : www.doctissimo.fr








*

Publier un commentaire sur mon profil Facebook


* champs obligatoires