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Les conseils de l’expert

« Un enfant fait des bêtises pour exister par lui-même »

15 avril 2011, par BébéCâlin


Elever un enfant ne signifie pas lui faire plaisir en permanence. Les parents sont également amenés à instaurer une discipline, c’est-à-dire fixer des limites, énoncer des règles claires que l’enfant devra respecter. Julie Curé, psychologue clinicienne, répond à nos questions.

1. Comment discipliner un enfant sans stresser ?
Pour être efficace, il faut avant tout de la cohérence dans l’éducation. Les deux parents doivent être d’accord pour faire respecter les mêmes principes éducatifs à leur enfant, et ces principes ne doivent pas changer du jour au lendemain. Pour apprendre, l’enfant a besoin de stabilité. Il est important de poser des interdits à un enfant, mais lui dire « non » en permanence ne l’aidera pas non plus à bien grandir. Il s’agit de trouver le juste milieu : savoir refuser catégoriquement lorsque nécessaire, mais laisser également à l’enfant la liberté de faire ses expériences. Lorsqu’il est en âge de comprendre, les parents doivent expliquer très clairement à leur enfant pourquoi un comportement est interdit et les conséquences qu’entraînera une désobéissance. A partir de là, si l’enfant passe outre cet interdit et choisit de désobéir, il sera effectivement puni.

Le parent ne doit surtout pas céder et annuler la punition, dans lequel cas sa parole perdrait toute valeur. Il faut savoir que désobéir est un acte tout à fait normal pour un enfant. Il va forcément tester les limites posées par ses parents et chercher à s’affirmer face à eux. Ce sont souvent des moments difficiles à vivre pour les parents, et ce n’est que petit à petit que l’enfant intégrera ce qui est permis et ce qui ne l’est pas, et qu’il deviendra un enfant discipliné.

2. Il/Elle obéit à papa mais refuse d’obéir à maman. Comment réagir ?
Les mères vivent souvent mal ce comportement de la part de leur enfant. Elles sont encore généralement celles qui passent le plus de temps auprès de l’enfant, et donc celles qui lui demandent le plus d’efforts tout en causant des frustrations. L’autorité du père est beaucoup plus ponctuelle, plus surprenante pour l’enfant et donc souvent plus entendue et respectée. L’essentiel est que les parents restent solidaires face à l’enfant et qu’ils soient d’accord sur les principes éducatifs qu’ils souhaitent transmettre à leur enfant. Le père reconnaîtra devant l’enfant l’autorité de la mère et inversement.

3. Comment ne pas céder à son enfant lorsque celui-ci est puni ?
Les parents cèdent souvent parce qu’ils ont peur de perdre l’amour de leur enfant en étant trop sévère avec lui. Ou encore, ils ont passé une journée entière au travail, loin de leur enfant, et ils ne veulent pas lui donner une punition à leur retour, le temps passé ensemble le soir étant court et précieux. Pourtant, il est essentiel que le parent maintienne la punition si l’enfant l’a méritée. Il s’agit encore une fois pour le parent d’être cohérent dans ce qu’il dit et ce qu’il fait.

4. Punition ou châtiment corporel : quelle approche adopter ?
Il est absolument clair aujourd’hui que le châtiment corporel n’a aucune valeur éducative. Bien au contraire, le châtiment corporel a des effets extrêmement négatifs sur l’enfant et sur son développement. Lorsque l’enfant fait une bêtise ou adopte un comportement inadéquat aux yeux de son éducateur, il faut lui répondre aussitôt et fermement, sans cris, et lui expliquer calmement le pourquoi de l’interdit. S’il poursuit dans cette démarche, il sera puni. Mais, en aucun cas, une fessée ou une claque ne sera bénéfique pour l’enfant.
Il peut cependant arriver que le parent, poussé à bout, craque et donne une claque à son enfant, alors que cela ne fait pas habituellement partie de ses méthodes éducatives. C’est dommage d’en arriver là, mais cela peut malheureusement arriver. Il s’agira alors pour le parent de prendre le temps de se calmer et, un peu plus tard, de discuter avec son enfant de ce qui s’est passé et pourquoi cela s’est passé ainsi, en utilisant toujours des mots simples et clairs.

5. Pourquoi un enfant fait-il de la résistance ?
Un enfant résiste, fait des bêtises, se confronte à ses parents pour exister par lui-même. Il cherche à s’affirmer et cela passe par la confrontation à l’adulte. Il va sans cesse chercher les limites et les tester, ce qui est tout à fait normal. Sa personnalité se développe ainsi. Par contre, cela est parfois difficile à supporter pour les parents. Mais un parent bien dans sa peau et en bonne santé psychique tiendra le coup et maintiendra les règles pour le bien de son enfant.

6. Comment favoriser un bon comportement ?
Pour que les relations enfant-parents ne se résument pas à des conflits permanents, il faut apprendre à persuader l’enfant à travers le dialogue, les explications et le jeu, plutôt que de le forcer. Les réprimandes du type « Tu es méchant, je ne t’aime plus », et les menaces telles que « Si tu n’es pas sage, je te laisse ici tout seul », ou encore « Le loup va venir si tu es méchant » doivent être évitées à tout prix. Elles génèrent une véritable angoisse chez l’enfant, et cette angoisse causera souvent par la suite des comportements agressifs et des craintes excessives. Il faut aussi garder en tête que les parents sont des exemples pour leur enfant. Il est difficile d’imposer à un enfant une règle qu’il voit ses parents transgresser en permanence. Les parents doivent donc savoir se remettre en question.
Enfin, bien des bêtises sont un appel à l’attention des parents et à leur affection. L’enfant trouve ainsi un moyen pour que ses parents s’intéressent à lui, même si pour cela il doit également être puni. Les parents doivent donc veiller à passer du temps avec leur enfant, à jouer avec lui, discuter de ce qu’il fait pendant la journée, de ce qui le tracasse, afin que son besoin d’écoute et de câlins soit satisfait.








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